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Les Cotonculteurs des pays du C-4

Champ de demonstration, Benin
« La culture du coton en Afrique fait face à des difficultés due à l’infertilité des sols et la pénurie de transport fiable pour les marchés et l'incertitude des prix une fois que leur récolte arrive. Cependant, le mandat de WACIP d'améliorer la productivité, l'efficacité, et d'ouvrir de nouveaux marchés pour les producteurs des pays du C-4, est une grande bouffée d'oxygène pour nos paysans », confirme Martin Konaté, Agent de Vulgarisation à  Bankora.

La production de fibre pour les pays du C-4 est estimée à environ 850 000 tonnes dont plus de 90 % sont exportées, soit 10 à 40 % du PIB selon les pays. En outre le coton représente 50 à 75% des exportations des pays membres de l'Union Économique Monétaire Ouest Africaine. La culture cotonnière est aujourd'hui la principale source de revenus monétaires des producteurs de l'Afrique de l'Ouest et sert de locomotive aux cultures vivrières de l'exploitation. Elle constitue un vecteur déterminant de développement et occupe une place stratégique dans la lutte contre la pauvreté dans toute l'Afrique sub-saharienne.

Les cotonculteurs deviennent progressivement plus importants dans le contrôle et suivi du secteur, dans l'organisation de la demande d'intrants et de services, dans la négociation de prix du coton et d'intrants et dans une certaine mesure, dans la formulation des priorités de recherche.

Défis

Les revenus d'exploitation agricole sont de loin la principale source de revenu pour la grande majorité des producteurs du C-4, faisant ainsi de la productivité (économique) des systèmes d'exploitation agricole la priorité principale de WACIP. Cependant, la durabilité et la productivité des systèmes cotonniers actuels sont menacées par la baisse rapide de la fertilité des sols et la menace croissante des ravageurs et maladies. La fertilité des sols baisse à cause de la culture extensive du coton. La faiblesse des doses d'engrais appliquées, la mauvaise qualité des engrais, et la faible utilisation des engrais organiques. La lutte contre les ravageurs dans les systèmes de culture du coton présente des risques pour la santé humaine et pour l'environnement. En effet dans la plus part des cas cette lutte est basée sur des traitements calendaires. Cette technique qui n'est pas basée sur la présence effective des ravageurs peut être la cause de gaspillage de pesticides et de pertes économiques pour l'exploitation.

Dans cette situation, l'accroissement des revenus des agriculteurs nécessite l'adoption de nouvelles technologies pour améliorer la productivité agricole. Non seulement ces revenus vont s'accroître grâce à l'augmentation des revenus tirés de la production de coton, mais encore ces pratiques agricoles améliorées vont certainement entraîner l'augmentation de la productivité des autres cultures en rotation avec le coton principalement le maïs et le niébé.

Ces cultures vivrières contribuent également, de manière significative, aux revenus des cotonculteurs des pays du C-4. Les paquets technologiques concernent l'amélioration du système de rotation coton cultures vivrières ; les nouvelles formules d'engrais (par culture et plus adapter à la qualité du sol) ; l'amendement organique et la lutte intégrée contre les ravageurs.

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Activités et résultats des producteurs de WACIP

En vue d'élaborer et diffuser de nouvelles technologies contre la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (IPM) et la Gestion Intégrée des Ravageurs (GIFS), WACIP appui directement la recherche et la vulgarisation dans leurs programmes de recherche et de vulgarisation de technologies innovantes. La diffusion de nouvelles technologies contribuera à l'augmentation des rendements, la réduction des coûts, et la diversification des cultures.

Le programme WACIP contribue au renforcement des capacités du personnel de l'encadrement agricole qui viendra en appui aux producteurs. Cet objectif est en cours de réalisation à travers des formations en cascades jusqu'au niveau producteurs sur les nouvelles technologies d'IPM et GIFS.

Dans le cadre de l'accroissement du rendement, le WACIP a organisé un atelier régional regroupant dix (10) experts entomologistes et agronomes des pays C-4 et assistés par les scientifiques WACIP et de l'université de Tuskegee en mars 2008 pour développer un paquet de technologies sur la fertilité des sols et gestion intégré des ravageurs. Ces experts ont ensuite formé 32 cadres des structures de vulgarisation des C4 sur les modules développés lors de l'atelier régional. Ces cadres ont eu la charge d'enclencher un processus qui devait toucher environ 800.000 producteurs par la diffusion d'une trentaine de technologies aux moyens de formations théoriques dans les salles de classe et pratiques autour de plus de 800 champs de démonstration mis en place pour l'effet tout le long de la campagne agricole.

L'objectif général de l'activité est d'assurer l'augmentation durable du revenu des cotonculteurs à travers le transfert et l'adoption de paquets technologiques susceptibles d'améliorer significativement les rendements dans les systèmes de production à base de coton. Les objectifs spécifiques visés sont :

  • Assurer l'application des technologies de gestion améliorées IPM/GIFS sur les principales cultures dans le système cotonnier à savoir le coton, le maïs et le niébé ;
  • Améliorer les rendements du coton, du maïs et du niébé ;
  • Assurer la durabilité de l'adoption de ces bonnes pratiques agricoles ;
  • Stimuler une augmentation des revenus des cotonculteurs dans le coton, le maïs et le niébé ;
  • Suivre et évaluer les différentes étapes et composantes de vulgarisation des paquets technologiques.

Le WACIP a soutenu la formation de plus de 15.000 secrétaires des organisations des producteurs dans les techniques de gestion des intrants agricoles. Cette formation qui a été sollicitée par les Unions faîtières des organisations des producteurs du Mali, du Bénin et Burkina Faso, fait suite à plusieurs rencontres regroupant les acteurs des filières dans le but de solutionner l'endettement excessif des groupements des producteurs. Il s'agissait de leur apprendre à mieux maîtriser le processus d'approvisionnement en intrants agricoles en vigueur dans les pays respectifs, le fonctionnement des comités de crédit et de la caution solidaire, les mécanismes de gestion des intrants avec les outils développés. Cette formation a été très perceptible par les producteurs béninois, qui ont utilisé cette formation pour élaborer et mettre en œuvre des mécanismes permettant d'encadrer le producteur pour un endettement rationnel.

Le WACIP a soutenu les efforts des organisations pour la promotion de la biotechnologie et à disséminer les informations autour de la biosécurité. A cet effet il a appuyé la mise en place des parcelles de démonstration en Bt au Burkina, la visite de 300 producteurs burkinabés, de 40 producteurs béninois et maliens et de 20 scientifiques et journalistes provenant des C4 sur ces parcelles. Il a également soutenu la tenue d'un atelier au bénin sur la suite à donner au moratoire de 5 ans que le bénin s'était fixé avant d'aborder les questions de biotechnologie. Cet atelier qui a permis l'élaboration d'n projet de décret sur la mise en place du cadre national de biosécurité au Bénin, a regroupé des scientifiques spécialistes des questions de biotechnologie et de biosécurité, de journalistes et des décideurs politiques.

Par ailleurs dans le but toujours d'accroitre le revenu des producteurs de coton, le WACIP a soutenu l'UNPCB au Burkina dans l'achat des sacs de coton pour la récolte, le conditionnement et le transport du coton bio. Cela a pour effet d'éviter la contamination du coton biologique par les sacs polypropylène et de donner toute sa valeur au coton en influent bien sûr sur le prix d'achat. 2886 producteurs dont près de 1000 femmes ont bénéficié de ce soutien et cela a permis à l'UNPCB d'honorer le contrat de fourniture du coton organique non contaminé qui le liait à Victoria's Secret. Ce contrat a permis à l'UNPCB de réaliser plus $1,2 millions de vente.

Le WACIP dans la poursuite de son but d'accroitre les rendements du coton et des cultures vivrières a entamé un processus de renforcement des instituts de recherche des pays du C4 à mieux servir les services de vulgarisations de technologies de pointe. Ce processus a permis de réunir 16 sélectionneurs coton des C4, du Cameroun et du Togo à un atelier régional leur permettant de rétablir les relations d'échanges d'expériences et de procéder à la mise à jour des variétés.

Le WACIP a également pris en charge la participation de 4 généticiens des C4 à une formation de 6 mois sur la biologie moléculaire aux USA. Dans le but de mettre en place une source de documentation sur les questions relevant du coton (recherche, articles, informations etc.), le WACIP a appuyé l'INSAH dans l'élaboration d'un site Web accessible à l'ensemble des acteurs de la filière des pays du C4. Le site Web (www.insah.org) compte aujourd'hui 127 documents traitant diverses questions liées au coton. Le WACIP a financé les instituts de recherche à expérimenter les technologies sur les plantes pièges, la lutte sur seuil et les toxines de Bt dans les stations de recherche. Par ailleurs le WACIP a procédé à une évaluation des moyens de travail de la recherche dans le but de leur apporter un appui en termes d'équipements pour améliorer leurs prestations.

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